CARNET DE ROUTE DE SASLER'S EN ETHIOPIE 2004

Sep 25, 2004

CARNET DE ROUTE DE SASLER'S EN ETHIOPIE

Voyage du 25 septembre au 9 octobre 2004
Organisateurs: Christoph et Mina Khandan Jetzler-Roshandel (SAS ZH) 
Participants: Madeleine Antonini (SAS LA), Peter et Hilde Braun- Quast (SAS ZH), Michel Bussard (SAS Fribourg), Dalila Gillespie (SAS ZH), Lorenz Herr (SAS ZH), Markus Jungo (SAS Fribourg), Sandrine Kunz (SAS Fribourg), Etienne Lutz (SAS ZH), Marcel Müller (SAS LA), Emilie Pittet (SAS Fribourg), Hanspeter Rossner (SAS ZH), Jürg et Vreni Steinegger (SAS ZH), Alain Touron (SAS Fribourg) 
Accompagnateurs: Andy (Nature Team, à Berne) et Mummi 
Absent de dernière minute: Gehrard von Mutzenberger (SAS BS), nous avons tous eu une pensée pour lui tout au long du voyage 
Christoph Jetzler et son épouse Mina nous ont, cette année encore, concocté un périple en Ethiopie qui restera à nouveau gravé dans les souvenirs de chacun des participants. Afin de vous faire partager un peu de ces moments formidables que nous avons vécus, j'ai souhaité les  transcrire dans ce carnet de route. J'y retrace sous forme de notes, illustrées par quelques anecdotes, notre treck dans le parc national du "Simen Mountain" à une altitude moyenne de 3400m, au travers de paysages majestueux au bord de canyons vertigineux et la découverte d'un pays très pauvre, jamais colonisé, à la croisée des religions et très loin du tourisme de masse. Une aventure vécue dans l'amitié par une équipe bien SAS.
1er jour
Retrouvailles à Zurich pour embarquer en direction de Francfort. Certains d'entre nous ne se sont pas revus depuis l'Iran. Madeleine a oublié son passeport sur la photocopieuse et doit ainsi suspendre son départ. Peut-être la retrouverons-nous en Ethiopie. Après un transit à Francfort lors duquel certains ont profité de remplir leurs bagages de vodka, whisky et cognac, nous décollons avec Ethiopian Airline pour Addis Abeba (en amharique "la nouvelle fleur") où nous atterrissons après 7 heures de vol, soit vers 23h50 (heure locale). 
La capitale se situe à une altitude moyenne d'environ 2400 mètres, l'air est frais. Un bus décoré d'icônes religieux nous emmène au Global Hôtel, le 4 étoiles du coin, bâti au milieu des bidonvilles en tôle. Une bonne nuit de sommeil nous attend. En raison d'un nombre insuffisant de chambres, Mitch et Sandrine doivent repartir dans la nuit pour se rendre dans un établissement d'une classe encore inférieure. 


2ème jour
Petit déjeuner à l'africaine à 9h00 et départ en bus pour un tour de ville. Nous découvrons différents monuments, édifices ministériels et le quartier bourgeois. 
Décollage à 14h00 pour Baha Dar, ville qui se situe à moins de 600 km au Nord Ouest de la capitale (soit une heure de vol), au bord du fameux Lac Tana. Nous parcourons des avenues très colorées, ornées de palmiers et rejoignons notre Hôtel "Papyrus", doté miraculeusement d'une piscine. Néanmoins l'eau verdâtre n'incite pas à la baignade. Mitch déclare même que "la baignade serait une très bonne combine pour choper le typhus". 
A  17h00, nous regagnons notre bus et nous rendons à la fête religieuse "Mescal", la 3ème plus importante d'Ethiopie après le Nouvel An et l'Epiphanie. Nous y prenons un bain de foule africaine, les enfants et les mendiants se ruent sur nous. Nous sommes enveloppés dans une ambiance de chants, de tam-tams et une multitude d'effluves d'odeurs. Le spectacle se termine par la mise à feu d'un immense tas de branches au sommet duquel se dresse une croix. Cette fête symbolise la mise à feu des restes de la Croix du Christ qui aurait été retrouvée en Ethiopie. Nous constituons une véritable attraction pour les indigènes qui, volontiers, s'adressent à nous ou nous manifestent des signes amicaux. Certains demandent à échanger des adresses avec nous. 
Retour en ville où Mitch et Markus se font faire chez "Gima Modern Barbier" une coupe de "phoques " pour 10 birrs, soit environ 1 Euro ! Pendant ce temps, une équipe teste le service du "bar" tout aussi glauque d'à côté. La soirée se termine pour Markus, Alain, Dalila et Emilie par du whisky et des cigares au bar de l'hôtel au son des tam-tams et de la fête de la rue qui nous "bercera" toute la nuit. 


3ème jour
Départ en bateau sur le Lac Tana (1840 mètres d'altitude) pour rejoindre l'un des 29 célèbres monastères construits sur les petites îles du lac entre le 14ème et le 17ème siècle.  Sur le pont, Mina, Dalila et Emilie poudrent leurs chaussettes en prévention des puces. En effet, la visite des monastères se fait en chaussettes et on nous garantit la présence de puces et de poux sur les tapis les jonchant. Nous arrivons sur la péninsule de Zeghé après une heure de navigation à l'allure de la brasse. Salomon et Jérémy et tous ces autres garçons improvisés guides nous attendent sur le ponton. Nous marchons dans la forêt en direction du monastère "Uhra Kidane Mehret" que nous visitons après 15 minutes de marche. Les superbes icônes du 16ème-17ème siècle sont intactes. Après la visite d'un "musée" très local, nous regagnons notre embarcation. 
L'après-midi, nous nous rendons à Tissisat pour découvrir les impressionnantes chutes du Nil bleu. La chance est avec nous, les vannes du barrage construit récemment ont été ouvertes à l'occasion de la fête du Mescal. Nous contemplons les chutes d'une hauteur de 45 mètres et largeur de près de 400 mètres. Spectacle fascinant. Sur le retour, pose photo sur les frêles embarcations en papyrus où l'équilibre est indispensable pour éviter une rencontre impromptue avec les crocodiles peuplant le fleuve. 
Sortie en ville après le repas. Nous pénétrons dans un bar avec lumière rouge tamisée et musique engageante. Après quelques instants, Etienne déclare très sérieusement "apparemment nous avons coupé le business?" en montrant du doigt les clients du bar figés à notre arrivée. Ce bar devait être un "bordel éthiopien"? 


4ème jour
Départ à 7h00 de Baha Dar en bus pour effectuer vers le Nord les 180 kilomètres de pistes nous séparant de Gondar, chef-lieu de la province du Tigré. Les paysages sont superbes. Aux dires d'Alain, les vibrations du bus remplacent celles du "compex", en moins relaxant toutefois: cinq heures de vibrations, ça défraîchit pas mal. L'arrivée à l'hôtel gouvernemental "Goha" à Gondar est ainsi très appréciée. Nous y retrouvons Madeleine, juste arrivée
Après un repas, nous visitons la Cité impériale de Gondar construite dès le 16ème siècle par l'Empereur Fasilades et ses descendants selon les techniques de ses alliés portugais. La Cité surplombe le quartier européen édifié par Mussolini, les quartiers musulmans et chrétiens de la vieille ville de Gondar. Nous parcourons ensuite individuellement le marché choquant de pauvreté de Gondar. Nous nous retrouvons dans un restaurant traditionnel pour déguster l'"injera" (plat national et nourriture quasiment exclusive des Ethiopiens). Whisky et cigares au bar de l'hôtel nous aideront à clore nos yeux pour un sommeil bien mérité. 


5ème jour
Réveil à 7h00 et départ en bus sur la piste menant encore plus au Nord, à Debark, petite ville de 15,000 habitants à 3020 mètres d'altitude et porte d'entrée du fameux parc national du Simien (en amharique, ce qui signifie "Nord") où nous payons les taxes d'entrée. Le site a été inscrit par l'Unesco au patrimonial mondial. Nous nous apprêtons à y "trecker" pendant les 6 prochains jours. Nous faisons la connaissance de notre guide Alvera ainsi que de Ahmed et Valashed, nos deux gardes armés qui veilleront sur nous jour et nuit pendant toute la durée de notre pérégrination. 
Nous prenons un dernier repas dans le restaurant du Simien Park Hotel. Mummi, notre G.O. à l'accent de "là-bas dit", nous informe que nous y passerons une nuit à notre retour. Nous pensons unanimement à la vue des chambres qu'il s'agit d'une mauvaise blague? 
Nous quittons Debark et après une demi-heure de bus, nous commençons à marcher sous une fine pluie. Nous sommes en effet à la fin de la mousson. 
Pendant 3 heures, nous marchons dans des décors dont la beauté et l'immensité nous laissent sans voix. Nous croisons en chemin une "armée" de babouins (Emilie dixit) ainsi que des ibis que, malgré leurs gazouillements significatifs, Alain, tout excité, confond avec des bouquetins (ibexes) qu'il cherche désespérément dans le brouillard. Nous arrivons enfin à notre camp de base "Sankaber" (3260 mètres), somptueusement aménagé par Mummi. Nous y rencontrons des reporters de la BBC en mission dans le Simien. 
L'air est froid et le brouillard nous enveloppe. Nous apprécions le forum, tente centrale, dans lequel nous nous réunissons pour les repas et les soirées whisky et cigares dans le ronron de la chicha (nargile) de Mummi. En dépit de ce confort inespéré, Dalila, mal assise, demande à Mummi "s'il n'aurait rien pour mettre sous son cou" (entendez "cul"). Nous regagnons nos tentes pour une bonne nuit de sommeil, bercés par la pluie. 


6ème jour
Les rayons de soleil traversent la toile de la tente et Mina s'exclame "there is sun this morning". C'est ainsi dans la bonne humeur que chacun sort de sa tente pour prendre le fastueux petit déjeuner servi au soleil. 
Pliage des tentes, préparation des sacs et départ pour la deuxième journée de marche. La diversité des paysages est sublime. Nous surplombons des canyons vertigineux, souvent comparés au Grand canyon américain, mais en plus coloré. Nous découvrons une chute d'eau plongeant dans les abîmes sur 800 mètres et des gorges d'une profondeur allant jusqu'à 1500 mètres. Déjeuner au milieu de troupeaux de chèvres, vaches et moutons surveillés par une troupe d'enfants qui nous suivront durant une bonne partie de la journée. Nous traversons rivières et villages dans des paysages dont le vert se décline par milliers de tons et atteignons après 5 heures de marche le plateau de Gich, à 3500 mètres, duquel nous apercevons notre campement digne de "Simen Barca Ben Youyou" précise Mummi. La grande tente nous réunit à nouveau pour l'apéritif. Sur les pentes des montagnes avoisinantes des champs sont labourés jusqu'à 3800 mètres, ce qui serait inimaginable en Suisse. Le soleil descend lentement et le paysage extraordinaire flamboie dans la lumière rouge. 
Alain part dans la nuit pour se soulager. Il revient tout excité: Il s'est retrouvé face à face avec le Simien fox ou Ethiopian wolf, très rares en ces lieux. Exceptionnel! En fait, après discussion avec le guide, il s'avèrera qu'il s'agissait d'un chacal du Simen, gris et plus petit, un peu moins rare que le loup? 
Pluie jusqu'à 4h00 du matin. 


7ème jour
Debout à 7h00. Douche à l'eau glacée pour certains, histoire de redécouvrir l'odeur du savon. Malheureusement ce sont ceux-là qui finiront à l'antibiotique, anti-toux, aspirines et autres remèdes de Peter. 
Marche de deux heures en direction du point de vue réputé d'Imet Gogo (3926 mètres). Le brouillard nous prend de court et nous cherchons en vain à apercevoir entre les nuages le Ras Dejen (4523 mètres, toit de l'Ethiopie et 4ème sommet africain après le Kilimanjaro, le Mont Kenya, le Ruwenzoi).Déjeuner un peu plus bas sur une crête en face d'un pin de sucre éthiopien: vue imprenable. 
Traversée de plateaux de prés couverts de lobelias géants (plantes allant jusqu'à 10 mètres de hauteur et s'apparentant à un palmier ce qui ne manque pas de surprendre à cette altitude). Arrêt au point de vue de Saha (3785 mètres) et vue plongeante dans une gorge dont la profondeur donne le vertige. Sandrine, la spiderwoman de l'équipe, rêve d'escalader ses parois abruptes. Marche ensuite en direction d'un autre point de vue :Kedavit (3760 mètres). Certains font la route à dos de mulet pour le fun (Sandrine, Alain, Lorenz). Lorenz, spécialiste dans le domaine, nous apprend à distinguer les mulets des chevaux et des ânes. Le brouillard nous a rejoint et nous ne voyons rien. 
De retour au camp, Peter est appelé à soigner une jeune femme dont le doigt a été coupé à la hache ainsi que tous les bobos des enfants attroupés autour de lui. Mummi dira plus tard: "nous avons de la chance d'avoir avec nous le professeur tournesol qui, à la retraite, se met à travailler au(x) noir(s)? 
Souper de rois préparé par Mummi. Cinq Polonais frigorifiés sont invités à venir se réchauffer et manger dans notre tente. Il fait 12° dans la tente et moins de zéro dehors? La chaleur est toutefois dans les c?urs et les blagues s'enchaînent. Comme les autres soirs, Mitch et Mummi remportent la palme. Fatigués, nous rejoignons nos tentes, dans lesquelles il fait 4°, et nous enfonçons dans nos sacs de couchage! 


8ème jour
Grand ciel bleu ! Ca fait chaud au c?ur. Quel bonheur après cette nuit glacée de prendre le petit déjeuner au soleil avec un panorama magnifique. 
Démontage du camp. Départ pour notre premier 4000 mètres que nous atteignons après 3h30 de marche à travers des champs labourés à la charrue artisanale (araire), des prés d'où accourent de partout des enfants comme sortis de nulle part et des étendues sans fin de lobelias. Nous avons la chance de voir deux Simien foxes ou Ethiopian wolfes au loin (cette fois c'est confirmé), ce qui est exceptionnel puisqu'ils ne sont plus que 42 recensés dans le parc. Nous assistons même à une attaque d'un chacal par le Simien fox. Arrivée au sommet Inatye (4070 mètres). Malheureusement, une fois de plus, le brouillard nous a pris de court. Après un déjeuner pris un peu plus bas, nous longeons les falaises en contre-bas desquelles nous apercevons enfin deux Walia Ibexes (bouquetins ethiopiens) ainsi qu'un aigle des montagnes. Nous traversons troupeaux de vaches, de moutons et de babouins et arrivons à une entaille dans la falaise d'où, du temps de Mengistu (17 ans de communisme) on exécutait les criminels, voleurs, prisonniers politiques et autres en les basculant dans le vide de plus de 500 mètres. Les vautours se chargeaient d'éliminer les corps. Nous arrivons enfin à notre camp à Chenek, semblable à une oasis bordée de lobelias et d'une belle rivière ? glacée. Markus s'empresse de dire qu'il n'y a que les gens sales qui se lavent?malheureusement pour nous ce n'est pas encore ce soir qu'il se lavera?. 
La nuit est glacée. 


9ème jourLevée avec le soleil. Panorama magnifique autour du bivouac, nous y surprenons 4 bouquetins (ibexes) dormant sous la falaise: superbes pièces de 120 kg. Départ pour le Bawhit (4430 mètres), l'un des plus hauts sommets de l'Ethiopie que nous atteignons (pour certains en partie au moyen des "mulets-taxis") après environ 3 heures de marche. Jürg et Andy, en pleine forme, arrivent en tête. Le brouillard enveloppe le sommet. Photos traditionnelles et descente vers le campement. Mummi nous attend avec ses salades. Le reste de l'après-midi est relâche. Certains se glissent dans leur sac de couchage, d'autres font leur toilette dans le ruisseau glacé et certains même la lessive. 
Dîner à 19h00: menu composé d'un agneau fraîchement acheté à un berger de passage, tué et préparé sous les yeux de Hilge et Vreni, restées au camp, qui nous en font le récit. En cours de soirée, le son des tam-tams nous attire à l'extérieur de la tente. Notre guide Alvera joue du tam-tam autour du feu et les cuisiniers et les muletiers l'entourent en dansant des danses tribales et en les rythmant de "xssi-xssi-xssi", "xch- xch-xchssss- " et autres "rouh-rouh-rouhh". Dalila, Alain et Mitch se joignent à la danse pour une courte démonstration : 5 minutes de récupération pour quelques secondes de danse en raison de l'altitude?De plus, leur style détonne un peu:  ils sont plus souples dans les fesses que les épaules (les Ethiopiens ne dansent qu'en bougeant les épaules). Soirée inoubliable terminée dans la grande tente où Mummi nous parle de la philosophie du bonheur dans la pauvreté éthiopienne. 


10ème jour
Levée avec le soleil comme de coutume. Pliement du camp et départ pour notre dernier jour de treck par la vallée en passant par Ambaras. Hilde et Peter pansent les blessures des indigènes qui se présentent à eux en cours de route. La descente se fait au travers des villages de cases, plus pittoresques les unes que les autres. Alain y rencontre le touchant petit écolier Massala (12 ans) qui fait presque 6 heures de marche par jour (aller et retour) pour se rendre à l'école. Nous traversons des passages vertigineux et devons arrimer Hanspeter qui souffrent de vertige. Les averses commencent et nous décidons de rejoindre le bus, près de Kabafen, et de pique-niquer sur la piste. Drôle d'image que de nous voir toute l'équipe alignée sur les cailloux bordant la piste et mangeant notre salade sous le regard curieux des indigènes attroupé en face de nous. Distribution des pourboires par Christoph au nom de la Fondation Alpiniste (Mummi et Andy étant chargés d'assurer une juste répartition) aux muletiers, cuisiniers, gardes et guide. 
Départ en bus pour un retour à la civilisation. Arrivée à Debark où nous passons la nuit au Simien Park Hotel?.ce n'était donc pas une blague! Emilie conseille de ne pas déposer les vêtements sur les lits, au risque d'y attraper des poux. Presque tous se risquent à prendre une douche, toutefois sur la pointe des pieds. Mitch et Sandrine croient en la crasse protectrice des puces et renoncent à la douche. 
Salomon nettoie toutes nos paires de souliers pour 5 birrs (0,5 EUR) la paire. Repas à l'hôtel au son du masinko, instrument à une corde, et au chant de l'asmari (yodel éthiopien). Nous nous essayons aux pas de la danse éthiopienne. Un petit groupe (Christoph, Mina, Emilie, Markus, Marcel, Etienne et Alain) s'en va dans la nuit rechercher un bar, accompagné de deux indigènes. C'est la fête du reggae éthiopien et tous dansent à c?ur ouvert. Les tournées de bières et gins s'enchaînent pour une facture totale de 59 birrs (environ 5 EUR)! C'est ce qui s'appelle faire la bombe à bon marché. 
Chacun dort dans son sac de couchage sur le lit: puces obligent. Dalila chante toute la nuit et Madeleine, ange gardien, ne ferme pas l'?il de la nuit. 


11ème jour
Retour sur la piste en direction de Gondar, à travers les paysages inoubliables du Tigré, l'un des 14 départements éthiopiens. Arrivée à l'hôtel Goha et occasion pour Mitch et Sandrine de redécouvrir les bienfaits du savon. Mitch revient avec un look tout neuf. Visite de l'église de Debré Birghan Sélassié, bâtie sur une colline au 16ème siècle, puis des Bains de Fasilades, à savoir la grande piscine, lieu de détente et de fête des rois de Gondar, mais aussi des baptêmes célébrés une fois l'an lors de la fête du Timkat (19 ou 20 janvier). 
Un groupe rentre à l'hôtel pour une soirée récupération alors que les autres s'en vont manger l'injera et assister à la cérémonie du café dans un restaurant traditionnel, en face du Château de Fasilades. Nous découvrons le tej (boisson éthiopienne, sorte d'hydromel). Quant au vin, les guides de voyage nous laissaient la responsabilité de son appréciation: nous dégustons le Gouder et l'Axumite. Notre conclusion: à chaque Gouder une nouvelle saveur! 
La fête se poursuit pour Mitch, Emilie, Markus, Dalila, Marcel et Alain dans un bar à musique traditionnelle. Les bières fusent, les guturales et les danses traditionnelles s'enchaînent et les épaules se détendent peu à peu. Rentrée à l'hôtel à 7 + chauffeur dans un taxi qui peine fortement à la montée qui mène à l'hôtel. Markus, Marcel et Dalila poursuivent la fête tard dans la nuit sur la terrasse de l'hôtel, cette fois c'est la vodka qui est à l'honneur? 


12ème jour
Diane à 5h30 et départ orchestré à 6h30 pour l'aéroport. La nuit a été trop courte pour certains? Dalila, Markus le galant et Mummi (accompagnateur par obligation professionnelle) ne prennent pas l'avion avec nous. Ils nous rejoindront par la piste après 10heures de 4x4. 
A Lalibéa, ex-capitale de l'Ethiopie, alors appelée Roha, au 12ème siècle, nous visitons dans un climat plus chaud et sec, onze églises monolithiques, à savoir entièrement creusées (à la fin du 12ème siècle et dans une période de 24 ans) dans la pente, dans différents types de tuf, tous compacts et durcis au cours des siècles par l'action de l'air et de la pluie. 
Les trois retardataires nous rejoignent à 22h00, le regard hagard, à l'heure du bar et des cigares. Ils ne tardent pas à aller se coucher. 


13ème jour
Dalila et Markus s'en vont visiter au pas de charge les 11 églises monolithiques. Quant à nous, nous reprenons le treck pour aller visiter le monastère de Asheten Maryam (3000 mètres), église monolithique manifiquement située à proximité du sommet d'un piton rocheux, le Dasheten, à environ 2 heures de marche de Lalibéla. Nous sommes envahis par les mouches et assaillis par les enfants et adolescents du village trop habitués à recevoir facilement des cadeaux des touristes. Demander plutôt que travailler semble à l'évidence plus rémunérateur pour eux. La descente se fait malheureusement dans le même contexte. 
Après le repas à l'hôtel Roha, nous roulons en bus vers l'aéroport pour prendre le vol retardé pour Addis Abeba. L'attente est longue. Markus nous conte sa visite d'églises du matin, certains lisent, écrivent des cartes postales, visitent le shop à souvenirs ou soignent les piqûres de puces à l'aide de la crème miracle de Madeleine. Nous embarquons enfin à 17h30 pour un vol de 65 minutes. 
Changement de programme et descente à l'hôtel Gehdara, au lieu du Global Hotel. Tous les hôtels sont pleins en raison de la venue de Tony Blair. Déception générale: les étoiles n'y scintillent plus?.L'eau froide de la douche (tant attendue) nous réveille pour le moins. Nous mangeons l'injera dans un restaurant traditionnel dont le cadre est accrocheur mais la musique assourdissante. Le spectacle de danse éthiopienne moderne est de qualité. L'assiette est quant à elle maigrelette. Nous terminons cette agréable soirée au bar de l'hôtel avec un bon cigare. 


14ème jour
Visite pour certains du musée d'ethnologie sis dans l'ex-palace du roi Hailé Sélassié. Pour d'autres shopping dans les rues du Piazza square où s'alignent les shops vendeurs de bijoux en or et argent, très finement travaillés. De très bonnes affaires peuvent y être conclues. L'hôtel colonial Tahitu construit en 1898 est également objet de notre visite. L'après-midi, visite de la gare insolite du chemin de fer Djibouto-Ethiopien construit en 1925 par les Français et restée en léthargie depuis cette époque. Comme à l'origine, cette gare est le départ et aboutissement d'une seule voie de chemin de fer reliant Addis Abeba - Dire Dawa - Djibouti. Par ailleurs, nous constatons une signalétique pompeuse inchangée depuis la construction de la gare, telle que: bureau du DG, bureau du conseiller du DG, bureau d'étude de concession, bureau du chef de relations publiques, bureau du recrutement et formation ou encore sur le quai, caissier spécial, inspecteur de gare, sous-inspecteur de gare ou encore chef de section transport et même bureau de surveillance des mouvements, et enfin chef des avantages personnel et retraite. A retenir que dans chaque bureau y travaille 1, 2 voire 3 personnes et qu'un seul train au maximum par jour arrive ou part de la gare !! Le jour de notre visite aucun train ne passera. Les employés ont ainsi le temps de nous accueillir et de répondre à toutes nos questions. Ils nous informent notamment qu'il est absolument interdit de prendre des photos de l'ouvrage (il en va d'ailleurs de même de tous les ouvrages administratifs et militaires), secret d'Etat oblige. En effet, des étrangers pourraient s'inspirer de cette "structure opérationnelle performante"?! 
L'après-midi se poursuit de manière individuelle, shopping ou visite du marché réputé d'Addis Abeba (le plus grand d'Afrique). Nous mangeons au restaurant indien du somptueux hôtel Sheraton. Une vraie bouffée de luxe. Le repas est succulent. Nous rappelons à Mummi que nous aurions apprécié de passer une nuit récupératrice dans les douces commodités de cet établissement. Nous savourons un verre au bar avant d'embarquer pour l'aéroport. 
Décollage d'Addis Abeba à 00h30 pour un vol de 7h avec Ethiopian Airline en direction de Francfort. Transit de 4h. Notre compagnie "Swiss" nous rapatrie à 11h30 à Zurich. Après les adieux, nous repartons chacun de notre côté, la tête et nos bagages pleins de merveilleux souvenirs de cette aventure éthiopienne, sans manquer de songer au prochain voyage, qui sait peut-être le Chili avec un sommet de 6000 mètres à la clé! Christoph n'en dit pas plus. 
Je remercie très chaleureusement Christoph et son épouse Mina pour le succès de cette aventure africaine, Mummi pour nous avoir fait part de sa grande expérience de ce fantastique pays et Andy pour son sourire et son sens de l'organisation et de la communication.  Je salue enfin la Fondation SAS Alpinismus pour sa généreuse contribution à ce voyage qui restera ancré dans nos mémoires. 


Vive le SAS. Vive le fun au SAS! 
Alain Touron
SAS Fribourg

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